Un nœud dans le ventre. Des souvenirs. Des trucs sympas, d’autres moins sympas.
François Patriat nous a quittés.
Alors oui, avec le temps, j’avais accumulé pas mal de désaccords avec lui. Mais lorsqu’on est syndicaliste, le désaccord fait partie du job. Nous sommes là pour dire publiquement ce que les salariés ne peuvent pas toujours dire eux-mêmes. Pour rendre visible ce qui ne va pas et créer le rapport de force nécessaire afin d’être entendus et de pouvoir négocier.
Cela conduit forcément à des confrontations avec les responsables politiques et les employeurs — parfois les mêmes.
Mais les désaccords ne résument pas une relation. Si l’on ne pouvait ni respecter ni apprécier ceux que l’on a combattus sur un dossier ou une mauvaise réforme, on finirait vite bien seul et bien aigri.
François Patriat représentait une époque de la politique qui semble déjà lointaine. Une époque où les campagnes électorales étaient rudes, où la concurrence était réelle et où il fallait aller chercher chaque voix, s’imposer et construire son ancrage sur le terrain.
Aujourd’hui, les vocations se font plus rares. Beaucoup passent en politique puis disparaissent presque aussitôt. On peine parfois à retenir jusqu’au nom des membres du gouvernement.
Le nom de François Patriat, lui, ne s’effacera pas de la Bourgogne. Éternel président du conseil régional de Bourgogne.
Je garde aussi sa proximité, son accessibilité — cela nous a clairement changé à un moment donné à la Région 🤪 —, sa verve, sa culture et son intelligence.
Au conseil régional de Bourgogne, il savait trouver les mots et manier les citations. Je garde notamment en mémoire une assemblée plénière où il avait repris cette phrase de La Bruyère pour éteindre le débat avec un représentant du Front national :
« C’est une grande misère que de n’avoir pas assez d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire. »
KO.
Bref. C’était aussi cela, François Patriat : une voix, un caractère et une présence.
La Bourgogne perd l’une de ses grandes figures.
Un nœud dans le ventre.
Santé Fanfan.
Texte initialement publié sur Facebook et X le 19 août 2026.
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